ONG POULO

Posté par ongpoulo le 29 octobre 2013

 

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LUTTE CONTRE LA DENUTRITION

 

Aujourd’hui, selon les protocoles médicaux en vigueur, un nourrisson doit attendre d’arriver au stade ultime de la dénutrition aiguë pour se voir prescrire un aliment thérapeutique. Si conservatrice soit-elle, cette recommandation demeure très peu appliquée. Alors que des traitements simples et efficaces existent depuis bientôt une quinzaine d’années, seul 1 enfant sur 20 atteints de dénutrition aiguë sévère est traité chaque année dans le monde.
Quand l’émaciation est moins sévère ou quand la dénutrition est chronique et entraîne un retard de croissance à la fois de la taille et du poids, l’enfant ne reçoit aucun complément alimentaire adapté à la réhabilitation nutritionnelle. La mère se voit prodiguer des conseils pour mieux nourrir son enfant bien que très souvent l’interrogatoire confirme l’absence, au sein de la famille, du pouvoir d’achat suffisant pour se procurer les aliments indispensables. Et si la famille dispose des ressources nécessaires, elle ne trouve pas les compléments alimentaires adaptés dans le commerce.

 

 

 

Comment expliques-tu cette situation ?
Quand on se fait l’avocat du praticien qui souhaite pouvoir prescrire un complément alimentaire de qualité dès que l’enfant présente les premiers signes de dénutrition, on se heurte à deux types d’obstacles : culturels et économiques.
J’entends par obstacles culturels les idées qui sont mises en avant par les élites qui décident des politiques publiques pour justifier leurs choix. Sont ainsi considérés comme prioritaires le fait d’augmenter les productions agricoles, de mieux les conserver et les distribuer sur les marchés, d’introduire des micronutriments dans les productions industrielles (par exemple l’iode dans le sel de cuisine), d’améliorer l’instruction scolaire des jeunes filles, de promouvoir le planning familial et l’allaitement maternel ou encore de prodiguer des conseils nutritionnels aux familles… Il est compréhensible que la prévention soit au cœur des politiques de santé publique. Mais l’expression « mieux vaut prévenir que guérir » n’a jamais signifié « renoncer à guérir quand on n’a pu prévenir ». Le rationnement et l’inaction thérapeutique pourraient se comprendre si les traitements étaient à base de matières premières rares et extrêmement coûteuses. Mais ce dont il s’agit ici, c’est d’une société aujourd’hui trop pauvre pour donner du lait, du sucre, de l’huile et quelques dizaines de micronutriments bon marché à ses enfants.

 

 

 

Quels sont les principaux facteurs économiques à l’origine de cette incapacité ?
Aujourd’hui, le prix au kilo des aliments spécialisés se situe entre deux et trois euros. Pour moitié, ce prix de vente est celui des matières premières (lait, sucre, huile). Ni les familles concernées ni les institutions de santé publique n’ont le budget pour une consommation de ces produits à l’échelle où cela pourrait avoir un effet déterminant sur la santé publique.
A ce sujet, il est important de se souvenir que depuis le début des années 1970, aucune des grandes initiatives mondiales pour améliorer l’état de santé des populations des pays en développement (les programmes élargis de vaccination, le planning familial, la liste des médicaments essentiels, l’introduction de nouveaux traitements contre les infections tels les antirétroviraux…) n’était réalisable aux conditions initiales du marché. A chaque fois, une filière économique particulière a été mise en place. Pour mener ces actions à grande échelle, les prix ont été divisés par vingt (les vaccins), par cinquante (les contraceptifs) ou par cent (les antirétroviraux).
Qui a contribué à cette baisse des prix ? Les États par la subvention de la consommation de ces produits et les filières économiques privées en concédant des prix bien inférieurs à ceux exigés peu de temps auparavant. Dans le domaine de l’accès aux médicaments, la création de nouvelles sources publiques de financements, l’acceptation par les grandes entreprises pharmaceutiques d’un système de prix différenciés selon le revenu des pays, l’utilisation de médicaments génériques et l’assouplissement des règles de propriété intellectuelle applicables au commerce du médicament ont permis un bond en avant de la lutte contre les maladies infectieuses. Mais ces avancées n’auraient pu se produire aussi vite sans la forte mobilisation sociale et politique des associations de lutte contre le sida, en faveur de l’accès des patients aux antirétroviraux.

Dans cette lutte contre la dénutrition, les obstacles que tu évoques sont-ils surmontables ?
Il y a deux cents ans, la dénutrition était une cause majeure de mortalité dans tous les pays. Une trentaine d’entre eux sont encore aujourd’hui concernés par ce fléau. Cela signifie que les 163 autres membres des Nations unies ont résolu le problème : on s’y procure les aliments destinés à l’alimentation du nourrisson soit dans le commerce, soit auprès de l’aide médico-sociale accordée aux familles qui n’ont pas les moyens de les acheter. Rappelons que la moitié des enfants américains reçoit une aide sous la forme de coupons alimentaires.
Dans certaines régions du Sahel où plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, on demande à l’aide médico-sociale un effort au-delà de ces moyens. La tâche semble impossible sans aide extérieure. La mutualisation des dépenses à l’échelle mondiale apparaît donc comme un élément de la réponse. Pour changer d’échelle dans la lutte contre la dénutrition infanto-juvénile, la Banque mondiale estime autour d’une douzaine de milliards de dollars la somme nécessaire chaque année, soit environ 0,5 % de la valeur des exportations mondiales de produits agricoles et agroalimentaires [1].

Ces solutions d’ordre macro-économique ne masquent-elles pas certaines insuffisances de la part des acteurs de l’aide des pays concernés ?
L’appel à la globalisation du financement ne doit pas faire oublier que les acteurs des pays affectés par la dénutrition pourraient mieux utiliser les ressources déjà existantes. Une des explications de la faiblesse politique des mouvements sociaux en faveur du droit à l’accès à la nourriture et des organismes d’aide est que leur position est minée par une contradiction forte : d’une part leur utilisation excessive de l’image des enfants souffrant de dénutrition, d’autre part l’absence de formulation d’une réponse politique en relation directe avec le problème soulevé. Dépasser cette contradiction signifierait nourrir ces enfants immédiatement, et non miser principalement sur un hypothétique effet de politiques préventives, dans l’espoir qu’elles finissent par faire disparaître les malades.
Il n’existe pas toutefois de solution définitive aux conséquences médicales et sanitaires des inégalités alimentaires. Elles ne disparaissent pas mais renouvellent leurs formes. L’épidémie d’obésité qui se développe devrait achever de convaincre de cette réalité. Rien ne suggère que les politiques préventives rendront un jour possible le fait d’économiser la prise en charge curative d’un segment de la population dont le poids est considéré comme insuffisant ou en excès. Aujourd’hui, l’OMS estime que si 1 milliard d’individus continuent à souffrir de la faim, 1,5 milliards de personnes sont désormais affectées d’un surpoids ou d’une obésité.

 

[1] Source Organisation mondiale du commerce (OMC) – 2010

 

 

 

 

 

Malnutrition Mauritanie - ActionContreLaFaim.org‎

 

 

 

Mardi 31 juillet 2012: 18,5 millions de personnes sont affectés par la crise alimentaire qui sévit au Sahel. Parmi les pays touchés, le Niger et le Mali doivent de surcroit faire face à une épidémie de choléra. Le choléra, qui s’est surtout propagé aux abords du fleuve Niger, touche essentiellement les enfants. Jeudi, les Nations Unies  ont annoncé que la maladie avait tué 58 personnes depuis janvier dans la région de Tillabéri, à l’ouest du Niger. 9 cas ont été recensés parmi les réfugiés maliens dans le camp Tabareybarey au Niger.

 

Le choléra est foudroyant, mais aussi fortement contagieux. Les déplacements de populations, la détérioration des conditions sanitaires, la sous-nutrition, mais aussi la saison des pluies font craindre une propagation rapide, dans un contexte où l’accès à la santé et la présence humanitaire au nord du Mali sont affectés par les troubles.

 

 

 

Enrayer l’épidémie dès son apparition

 

Il est essentiel de détecter, soigner et contenir la maladie dès qu’elle se déclare. Pour enrayer l’épidémie au Nord du Mali, Action contre la Faim en collaboration avec l’UNICEF intervient dans l’hôpital de la ville de Gao où elle mène également des programmes en nutrition. « Nous distribuons des kits d’hygiène et du matériel donné par l’UNICEF dans l’hôpital de Gao, afin d’enrayer l’épidémie. Les kits seront attribués à près de 2000 familles » explique Julie Calafat, responsable du pôle urgence chez ACF Espagne, au Mali. Dans cette ville, au moins 37 cas ont été recensés, selon les informations du Ministère de la Santé malienne.

 

 

 

Pour éviter l’apparition de maladies chez les populations déplacées, Action contre la Faim intervient également dans les camps comme à Tillia, au Niger, où l’ONG travaille à l’amélioration de l’accès à l’eau et l’assainissement, grâce à la mise en place de latrines et de douches, la gestion des déchets et la construction de puits.

 

 

 

Agissons contre la Faim et la Malnutrition En Mauritanie (ACFAM 

 

 

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